La Chanson du Dimanche #33 – The Smiths

The Smiths est le nom d’un groupe de rock anglais créé en 1982 et séparé en 1987. C’était un quatuor musical de Manchesterfondé autour de Johnny Marr (né le 31 octobre 1963) et de Steven Patrick Morrissey (né le 22 mai 1959), chanteur et parolier.

Morrissey et Marr (de son vrai nom Johnny Maher, mais il changea de nom pour ne pas être confondu avec le batteur des Buzzcocks) se sont rencontrés le 20 mai 1982 au domicile de Morrissey, à Stretford (384, Kings Road). Marr cherche alors depuis un certain nombre d’années un bon parolier, voire un chanteur, pour le groupe qu’il veut monter et se décide à rendre visite à Morrissey dont il connaît les textes de chansons par l’intermédiaire d’un ami, Billy Duffy (futur guitariste de The Cult), ancien membre d’un groupe dont Morrissey était le chanteur, The Nosebleeds. Morrissey lui présente quelques textes qu’il a écrit, dont Suffer Little Children (un texte trouble inspiré d’un fait divers sordide de meurtres d’enfants dont l’évocation était à l’époque tabou à Manchester).

Le duo s’étoffe bientôt d’un bassiste, Andy Rourke, un copain d’école de Johnny Marr, et d’un batteur, Mick Joyce, issu de la scène punk (Victim, The Hoax). Le nouveau groupe s’appellera The Smiths. « Tous les groupes de l’époque avaient des noms de quinze syllabes. Nous, on voulait seulement être normaux » (Johnny Marr).
Morrissey s’improvisant chanteur, le quatuor se produit pour la première fois en public au Manchester Ritz le 4 octobre 1982. Leur premier single, Hand in Glove (de connivence) publié en mai 1983 sur le label indépendant Rough Trade, fascine le public. Il est suivi d’un autre grand succès, This Charming Man, en novembre 1983. En février 1984, leur premier album, simplement baptisé The Smiths, se vend à 300 000 exemplaires, prenant la seconde place des charts britanniques.

The Smiths incarne clairement le nouvel esprit des années 1980 anti-establishment, méprisant les clips vidéo, les synthétiseurs et les États-Unis. Élu meilleur groupe de l’année 1984 au Royaume-Uni, et Morrissey meilleur interprète (un comble pour un autodidacte), le groupe tourne beaucoup au Royaume-Uni mais rarement en Europe (les concerts à Paris le 9 mai 1984, à l’Eldorado, puis le 1er décembre 1984 au Parc des Expositions, Porte de Versailles, seront les seules dates françaises dans l’histoire des Smiths).

En 1985, le groupe publie un nouvel opus, Meat Is Murder. Un troisième album voit le jour en 1986, The Queen Is Dead (Alain Delon sur la pochette de l’album), véritable chef-d’œuvre qui fera l’objet d’un album-hommage dix ans plus tard (The Smiths Is Dead, une initiative du magazine Les Inrockuptibles).

Fin 1986, le groupe change de label et rejoint EMI. Mais pour EMI, le début de l’année 1987 s’annonce fort mal. Les Smiths sortent bien deux nouveaux singles (Shoplifters of the World, Unite en janvier, Sheila Take a Bow en avril), se produisent au Festival de San Remo en mai, mais il semble que Johnny Marr soit déjà ailleurs. Le guitariste se sent étouffer dans un groupe désormais focalisé autour de la personnalité de Morrissey. Son enthousiasme pour la dance music, l’électro ne trouve pas de terrain d’expression : « Les Smiths étaient devenus un genre de club où toutes nouvelles influences étaient déconsidérées, voire taboues » confiera-t-il à Johnny Rogan pour son livre sur les Smiths Morrissey and Marr, the Severed Alliance (1992). Le 8 août 1987, Johnny Marr annonce qu’il quitte le groupe en adressant un message au NME : « Ce qui par le passé me rendait heureux me rend malheureux, j’ai dû m’en aller ». C’est donc à titre « posthume » que sort le 12 septembre 1987, Strangeways, Here We Come. Ironiquement, cet album fut le plus sombre que les Smiths aient jamais enregistré (voire le meilleur, d’après Morrissey). En guise d’épitaphe, le groupe décidera d’un commun accord de sortir un album live Rank (1988) tiré d’un concert donné au National Ballroom de Kilburn le 23 octobre 1986.

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